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Tamié à vélo – Chapitre I – Projet Tamié 2014
Sep 132014
 

Il est 4h30 du matin. Le réveille sonne. Péniblement, il ouvre les yeux, cherche la lumière à tâtons, puis allume. Il n’est pas vraiment reposé des 700 km qu’il a parcouru la veille, mais il doit vraiment déjeuner maintenant pour réaliser son défi.

Au menu, tartines, jambon, thé, gâteaux de l’effort, jus d’orange. Parfait pour un cycliste qui s’apprête à s’élancer pour un périple montagnard de 160 km.

Après ce petit déjeuner copieux, il devra attendre 3 heures pour commencer son effort. C’est une condition impérative pour profiter de tous les bienfaits de ce repas matinal.

Alors il se recouche, essaie de se rendormir, mais il ne cesse de penser à la journée qui l’attend. Il se tourne, se retourne, rien n’y fait, il ne redormira pas…

A 6h30, il se lève et se prépare. Cuissard, maillot, gant,… Rien n’est laissé au hasard. Pas aujourd’hui.

A 7h, enfin, il est sur son vélo, dans la fraîcheur matinale. Le soleil est caché par ces hauts sommets qui l’entourent. Hauts sommets qu’il devra se soumettre dans quelques heures. Mais ce jeune cycliste est lucide. Il se concentre sur l’échauffement, avant de penser aux pourcentages élevés des cols qui l’attendent.

En une demi-heure, il rejoint la petite commune de St Avre puis La Chambre. Le ciel est d’un bleu uniforme. Le soleil, lui ne s’est toujours pas montré. Sur la place du village, il s’arrête pour la première fois. C’est déjà l’heure des barres de céréales et des pâtes de fruits. Il est « au pied du mur », et il sait qu’il aura besoin d’un apport glucidique important.

Il prend encore le temps d’enlever son coupe-vent, et repart déjà. Sans autre moment de répit, la route s’élève. Le pourcentage est déjà important. Les maisons défilent lentement à côté de lui. Après quelques centaines de mètres, il se retrouve vraiment seul face au bitume. Et la route ne cesse de grimper. Il n’avance déjà plus très vite. Il pense à cette vingtaine de kilomètres à parcourir, à ces 1600 m de dénivelé à escalader. Il pense aussi aux 125 km qui resteront à faire lorsqu’il aura atteint le Col de la Madeleine. Son vélo, son « tromblon », comme il l’aime l’appeler, lesté de ses 1,5 litres de boissons, semble peser 150 kilos. Il est au milieu d’une forêt, pourtant, il sue tout ce qu’il a ingurgité depuis des semaines.

Car il l’a préparée cette sortie. Rejoindre Tamié à vélo, c’était un rêve. Un rêve dont il a tout fait pour qu’il se réalise. Il s’est entraîné. Il s’est privé. Ses proches l’ont aidé, accompagné dans cette démarche. Il a presque tout fait pour que cette journée soit réussie. Et pourtant il est là, à pédaler depuis 1h30, et déjà en train de douter.

Pour gravir ce col, il a choisi le passage par le village de Montgellafrey. Plus « bucolique » d’après ses recherches. Il ne sait plus trop ce que veut dire « bucolique », tant l’effort à fournir est conséquent. La route est toujours au milieu de la forêt, et toujours aussi raide. Non, vraiment, rien n’est bucolique en cet instant. Il se retourne. Le village est loin, et la vallée ressemble à une maquette. C’est joli…

Soudain, une lueur violente l’éblouit, tel un flash. Puis une deuxième, une troisième… C’est le soleil qui se lève, tranquillement, derrière les arbres situés sur le versant opposé.

Et puis la pente devient moins raide. Les arbres sont de moins en moins nombreux. Ils laissent place à des prairies. Est-ce donc seulement là, ce fameux « côté bucolique » ?

Le cycliste se sent mieux à présent. Il sait que le chemin est encore long, mais il voit, au loin, les bâtiments de la station Longchamp 1650 qui apparaissent. Les minutes passent, et il rejoint enfin la station. Après n’avoir croisé que 2 véhicules sur 15 km, cet endroit lui parait « vivant ». Des ouvriers travaillent, les portes des chalets sont ouvertes. Son moral remonte. Le col n’est plus qu’à 4 km.

La station est à présent derrière lui. Et la route, entourée d’alpage, lui paraît plus raide qu’auparavant. Il est dans un drôle d’état. Ses jambes ne brûlent pas, pourtant elles ne semblent plus disposées à tourner. A 2 km du sommet, il s’arrête… Au bout de quelques minutes, il repart. Ces derniers instants d’ascension lui paraissent interminables, et pourtant… derrière un dernier virage, la route devient plane, un chalet se dresse devant lui, puis toute une vallée : la Tarentaise. Il est 10h00, il est arrivé au Col de la Madeleine ! Mais il n’a fait que 32 km depuis le départ…

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