Sep 152014
 

Je vais poursuivre le récit de manière plus conventionnelle…

En haut du Col de la Madeleine, je me suis arrêté 3 min chrono. Le temps de remettre le coupe-vent, jeter mes papiers dans une poubelle et recharger mes poches de nouvelles « réserves glucidiques ». Pour dire vrai, je n’ai même pas pensé à lever la tête pour regarder le somptueux panorama et le Mont Blanc qui, parait-il, trônait crânement devant moi. Ce que je  peux seulement affirmer, c’est qu’il n’y avait qu’un autre cyclotouriste chargé comme un mulet, et un couple de Suisses qui partait en voiture.

Dès les premiers mètres de descente, le vélo a pris de la vitesse. C’était grisant ! 25 km de repos m’attendaient  ! Le premier tiers était presque… jouissif ! Une vitesse élevée, une vue dégagée sur la route en contrebas, de jolies lignes assez longues. J’ai même rattrapé et dépassé les Helvètes partis avant moi. Et puis est arrivée une partie moins descendante, parsemée de quelques habitations, qui m’a obligé à reprendre le pédalage. Les voisins aux vaches mauves m’ont alors rattrapé… et dépassé ! Le dernier tiers était plus pénible. Rapide, certes, puisque j’ai encore retrouvé les Suisses, mais assez stressant du fait de l’état de la route. Des trous, des cailloux, de la circulation, des épingles, des sous-bois, bref, pas une partie de plaisir…

Arrivé en bas – en un seul morceau – j’ai retiré le coupe-vent et ai poursuivi la rando. Une vingtaine de kilomètres bien agréable, une petite route bordée d’une voie ferrée ;-), des villages ensoleillés, un faux-plat descendant… Du bonheur ! Je suis entré dans Albertville au milieu de la circulation matinale. J’ai dû composer avec des bus, des piétons, des voitures et des feux rouges. Une ville « normale », en somme…

Et puis rapidement, je suis arrivé au pied du col de Tamié. Il était environ 11h30.

La montée a été particulièrement difficile. J’ai senti un « début de crampe » dès les premiers mètres, mais la douleur a disparu rapidement. Ma vitesse était tout aussi ridicule que dans l’ascension de La Madeleine. Je me suis arrêté deux ou trois fois afin de m’alimenter. Il faisait déjà 27 degrés. La route était très collante, car recouverte d’un mélange de goudron fondu et de caoutchouc de pneu. De plus, la circulation était très dense et donc désagréable. J’ai mis 1h30 à grimper… Vraiment nul…

Un peu avant 13 heures, enfin, je suis arrivé à l’abbaye. Contraste saisissant avec ce que je venais de vivre : plus de voiture, une brise légère, un silence reposant. Tamié, quoi…

Je suis resté entre 20 et 30 minutes, le temps de retrouver mes esprits, mais aussi de passer quelques instants dans l’église. Ensuite je me suis installé à l’ombre et j’ai repris des forces en profitant de cet environnement. J’avais parcouru 90 km. Il en restait 70…

J’ai repris le chemin de la descente en faisant une pause à la case « fontaine » du Col de Tamié pour recharger l’un des bidon. Et j’ai mis le cap vers Aiton, en profitant encore de la pente, du paysage, des ralentisseurs dans les villages (Grrr !!!), des vaches, des prairies, etc…

A Aiton, j’ai pris la fameuse petite route vers Randens. Une côte terrible au vu de ce que j’avais déjà dans les jambes. Alors que je me demandais comment j’allais pouvoir rejoindre mon point de départ dans ces conditions, le vent m’a chuchoté de privilégier la nationale à cette route aux centaines de bosses, et m’a promis un petit coup de main. Après Argentine, je suis redescendu vers la N6. Une ligne quasi droite de 30 km. Des camions, des voitures, 32°C, un faux plat montant constant, mais… un bon vent de dos ! Les jambes tournaient même plutôt bien.

A 16h58, dernier coup de frein : j’étais arrivé rue Lambert à St Jean, à l’endroit même où j’étais parti 10h plus tôt…

Mission réussie ! Pour le bilan, on verra dans un prochain billet 😉 Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des points à travailler, mais aussi que je suis « apte » à faire plus de 150 km dans un environnement montagneux. Et ça, ça ouvre des nouvelles perspectives…

Sep 132014
 

Il est 4h30 du matin. Le réveille sonne. Péniblement, il ouvre les yeux, cherche la lumière à tâtons, puis allume. Il n’est pas vraiment reposé des 700 km qu’il a parcouru la veille, mais il doit vraiment déjeuner maintenant pour réaliser son défi.

Au menu, tartines, jambon, thé, gâteaux de l’effort, jus d’orange. Parfait pour un cycliste qui s’apprête à s’élancer pour un périple montagnard de 160 km.

Après ce petit déjeuner copieux, il devra attendre 3 heures pour commencer son effort. C’est une condition impérative pour profiter de tous les bienfaits de ce repas matinal.

Alors il se recouche, essaie de se rendormir, mais il ne cesse de penser à la journée qui l’attend. Il se tourne, se retourne, rien n’y fait, il ne redormira pas…

A 6h30, il se lève et se prépare. Cuissard, maillot, gant,… Rien n’est laissé au hasard. Pas aujourd’hui.

A 7h, enfin, il est sur son vélo, dans la fraîcheur matinale. Le soleil est caché par ces hauts sommets qui l’entourent. Hauts sommets qu’il devra se soumettre dans quelques heures. Mais ce jeune cycliste est lucide. Il se concentre sur l’échauffement, avant de penser aux pourcentages élevés des cols qui l’attendent.

En une demi-heure, il rejoint la petite commune de St Avre puis La Chambre. Le ciel est d’un bleu uniforme. Le soleil, lui ne s’est toujours pas montré. Sur la place du village, il s’arrête pour la première fois. C’est déjà l’heure des barres de céréales et des pâtes de fruits. Il est « au pied du mur », et il sait qu’il aura besoin d’un apport glucidique important.

Il prend encore le temps d’enlever son coupe-vent, et repart déjà. Sans autre moment de répit, la route s’élève. Le pourcentage est déjà important. Les maisons défilent lentement à côté de lui. Après quelques centaines de mètres, il se retrouve vraiment seul face au bitume. Et la route ne cesse de grimper. Il n’avance déjà plus très vite. Il pense à cette vingtaine de kilomètres à parcourir, à ces 1600 m de dénivelé à escalader. Il pense aussi aux 125 km qui resteront à faire lorsqu’il aura atteint le Col de la Madeleine. Son vélo, son « tromblon », comme il l’aime l’appeler, lesté de ses 1,5 litres de boissons, semble peser 150 kilos. Il est au milieu d’une forêt, pourtant, il sue tout ce qu’il a ingurgité depuis des semaines.

Car il l’a préparée cette sortie. Rejoindre Tamié à vélo, c’était un rêve. Un rêve dont il a tout fait pour qu’il se réalise. Il s’est entraîné. Il s’est privé. Ses proches l’ont aidé, accompagné dans cette démarche. Il a presque tout fait pour que cette journée soit réussie. Et pourtant il est là, à pédaler depuis 1h30, et déjà en train de douter.

Pour gravir ce col, il a choisi le passage par le village de Montgellafrey. Plus « bucolique » d’après ses recherches. Il ne sait plus trop ce que veut dire « bucolique », tant l’effort à fournir est conséquent. La route est toujours au milieu de la forêt, et toujours aussi raide. Non, vraiment, rien n’est bucolique en cet instant. Il se retourne. Le village est loin, et la vallée ressemble à une maquette. C’est joli…

Soudain, une lueur violente l’éblouit, tel un flash. Puis une deuxième, une troisième… C’est le soleil qui se lève, tranquillement, derrière les arbres situés sur le versant opposé.

Et puis la pente devient moins raide. Les arbres sont de moins en moins nombreux. Ils laissent place à des prairies. Est-ce donc seulement là, ce fameux « côté bucolique » ?

Le cycliste se sent mieux à présent. Il sait que le chemin est encore long, mais il voit, au loin, les bâtiments de la station Longchamp 1650 qui apparaissent. Les minutes passent, et il rejoint enfin la station. Après n’avoir croisé que 2 véhicules sur 15 km, cet endroit lui parait « vivant ». Des ouvriers travaillent, les portes des chalets sont ouvertes. Son moral remonte. Le col n’est plus qu’à 4 km.

La station est à présent derrière lui. Et la route, entourée d’alpage, lui paraît plus raide qu’auparavant. Il est dans un drôle d’état. Ses jambes ne brûlent pas, pourtant elles ne semblent plus disposées à tourner. A 2 km du sommet, il s’arrête… Au bout de quelques minutes, il repart. Ces derniers instants d’ascension lui paraissent interminables, et pourtant… derrière un dernier virage, la route devient plane, un chalet se dresse devant lui, puis toute une vallée : la Tarentaise. Il est 10h00, il est arrivé au Col de la Madeleine ! Mais il n’a fait que 32 km depuis le départ…

Août 262014
 

Cette fois c’est la fin, et pourtant, ce sera le plus difficile. Cette dernière section fait 26 km, avec de la montée, de la montée et de la montée… Les réserves musculaires seront vides, les réserves du sac à dos devraient aussi tendre vers zéro, bref, ça pue !

Mais il faudra bien rentrer donc je roulerai, quitte à à avancer en mode tortue. D’ailleurs « rien ne sert de courir, il faut partir à point » ! (ou à poil, mais en vélo, ça fait un peu mal aux fesses 😉 )

Il y a une solution « extrême » dont je n’ai pas parlé plus tôt parce qu’à la limite du délit. Il s’agit de choper un train, soit à Aiguebelle, soit à Epierre, soit à La Chambre pour rejoidre St Jean… Mais il s’agit bien là d’une option que je ne souhaite pas prendre…

Pour parler temps, on va être large et miser sur 2 heures.

En définitive, ça devrait faire… 9 heures et demi ! Puisque j’ai été large sur d’autres parties du parcours, je mise donc sur 10 heures TPC (Toutes Pauses Comprises). 6H30 – 16H30, une bonne journée, non ?

Août 262014
 

Cette fois, les hostilités commencent… (même si j’aurai déjà bien « morflé »). En effet, maintenant, ça va monter jusqu’à St Jean. Cette étape fait 20 km et commence par une belle bosse assez raide. Assis devant mon clavier, je sens déjà mes jambes qui brûlent. Cette distance sera effectuée en 1 heure. Du moins je l’espère…

Août 252014
 

Encore de la descente avec cette 6ème partie facile : ça descend en tournicotant jusqu’à Frontenex, puis c’est relativement plat jusqu’à Aiton. 22 km dont 12 de descente, donc comme précédemment, je mise sur 1 heure. Ceux qui connaissent le secteur pourront constater qu’encore une fois j’ai choisi une petite route jusqu’à Grésy-sur-Isère. C’est toujours pour éviter la circulation de la grande départementale et ravir mes yeux et mon cœur de la beauté de la montagne 🙂 .

Août 252014
 

5ème section ! Une section courte – 12 km – qui grimpe jusqu’à l’abbaye de Tamié. Pas de difficultés majeures, à part le dénivelé et les kilomètres accumulées précédemment. Mais le Bonheur est là-haut, alors ça ne devrait pas poser de problème. Par mesure de sécurité, je mise sur 1 heure d’ascension, même si je sais que je ferai moins.

Une bonne pause m’y attend, histoire de « recharger les batteries », tant physiologiques que spirituelles.

Si mon calcul est bon, j’en serai alors à 4h30 de route. Avec un départ dans les 6h30 et en y ajoutant les pauses, il devrait être entre 11h30 et midi lorsque je parviendrai à l’abbaye.

Bien que plus de la moitié du trajet aura été effectuée, il me restera « le plus difficile »…

Août 242014
 

Si je suis arrivé en bas du col – en un seul morceau – je peux alors penser à la suite. Cette suite, c’est une vingtaine de kilomètres qui relie Feissons-sur-Isère à Gilly-sur-Isère, au pied du Col de Tamié. L’ensemble est globalement descendant, malgré une petite une petite « bosse » de 100m. 23 km en « descente », je suis optimiste et espère les réaliser en 60 minutes

Août 182014
 

Cette troisième section n’est valable que si j’arrive au bout de la deuxième 😉 . Mais je vais la présenter quand même… Il s’agit des 25 km de descente du Col, vers la Tarentaise. N’ayant pas plus de « technique » en descente qu’en montée, je n’ai pas de pronostique très précis sur le temps nécessaire pour rejoindre la vallée. Disons… 45 min ?

Août 172014
 

Voici la deuxième section. On prend de la hauteur, puisqu’on grimpe ici au Col de la Madeleine ! J’ai choisi d’éviter la montée « classique » et je lui ai préféré la D76, un peu plus difficile, mais plus jolie, et avec moins de circulation. Je traverserai Notre-Dame-Du-Cruet et Montgellafrey, pour enfin rejoindre la D213 classique au dessus de Saint François Longchamp.

Honnêtement, je ne saurais pas évaluer correctement le temps nécessaire à cette grimpette. Si je monte à 13 km/h (oui oui, 13, je suis une quiche dès que ça s’élève…), ça donne 1 h 35. Si je monte à 8 km/h, ça donne 2h30 ! Pour comparaison, de Valloire au Galibier, j’ai fait 9. Les conditions de montées étaient différentes (j’y reviendrai !).

Donc en prenant 10 km/h de moyenne, ça donne 2 heures piles ! Ça me parait plausible…

Août 122014
 

Les congés sont accordés ! Dès lors, plus rien ne s’oppose au projet. Sauf peut-être la météo. Encore que la pluie, mise à part dans la descente des cols, n’est pas tellement dérangeante.
Comme annoncé précédemment, j’ai découpé mon parcours en plusieurs sections. Celles-ci correspondent grosso modo à des « étapes » de difficultés, de longueurs variables.

Voici déjà la première. Elle fait une douzaine de kilomètres, en légère descente. Il s’agit de la route qui rejoint Saint Jean à St Avre, au pied du Col de la Madeleine. Une très bonne occasion de s’échauffer correctement ! Comme il s’agit du départ et que la « machine » sera « froide », je mise sur une moyenne de 20 km/h. Donc je pense parcourir cette section en 45 min. Mais c’est très très large, au regard du profile principalement descendant.